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09.05.2009

chamailleries enfantines

La chasse de D GOLDBERG à l'égard de Marie-Georges BUFFET est étonnante et fait resurgir des passions anticommunistes, les socialistes devraient plus s'occuper de devenir enfin à la hauteur de la Présidence de la République plutôt que de se chamailler avec d'anciens partenaires.

A quand une femme, un homme de gauche à la Présidence ?

ANTICOMMUNISME PRIMAIRE A GAUCHE UN EXEMPLE

Le même qui a eu cours dans la dernière campagne municipale

LE MEDEF ET L'UMP OFFRENT UN PARACHUTE DORE A MARIE-GEORGE BUFFET.

Enfin le PS réagit à propos du charcutage électoral organisé en Seine-Saint-Denis en commun par le PCF, l'UMP et le NC.

Comme nous le faisons depuis de longues semaines,nous continuerons à combattre cette trahison politique que ne sert que les intérêts de la droite et du Medef. Nous réaffirmons notre soutien sans faille à notre camarade, Daniel Golberg, député PS de Seine-Saint-Denis.

Pour les militants de gauche du Blanc-Mesnil cette situation n'est pas une surprise. L'alliance de fait du PCF et de la Droite est une constante depuis 1945. Nous n'avons pas oublié le redécoupage de la région parisienne en 1967. La forme des départements issue de la Seine et de la Seine et Oise est un modèle du genre, dont l'unique objectif était d'enlever toutes possibilités au PS de présider un conseil général. Ce deale à permis au PCF de présider de 1967 à 2008 celui de la Seine-Saint-Denis, avec les résultats que l'on sait, un niveau d'endettement record et un niveau d'accueil de la petite enfance le plus bas de la région ile de France.

Avec le redécoupage en cours nous assistons au même forfait contre la démocratie et contre l'intérêt générale des 1 400 000 habitants du 93.

L'UMP a besoin du PCF pour assurer une pérennité à son action de régression sociale. Le PCF a besoin de l'UMP pour sauver les derniers dinosaures de la place du Colonel Fabien qui ne regroupent plus sous leur drapeau mité que moins de 2% des suffrages.

En Seine-Saint-Denis paie le prix de son erreur stratégique de septembre 2007. Pascal Popelin faisait la proposition, pour les municipales de 2008, d'organiser partout des primaires de gauche. Les ambitions et les petits calculs personnels ont battu en brèche cette position juste. Pascal Popelin en tirait les conclusions en démissionnant de son poste de premier secrétaire fédéral du PS 93. Ce mauvais choix a conduit le PS 93 à ne pas valider le choix des 85% des militants socialistes du Blanc-Mesnil qui avaient fait le choix d'une primaire de gauche. Résultat le PS 93 a dementelé la section socialiste de cette commune, il s'est privé ainsi d'un outil qui lui serait bien nécessaire aujourd'hui dans la bataille du redécoupage électoral pour préserver la circonscription de Daniel Golberg.

Cette erreur stratégique du PS lui coute chére. Elle est le résultat de son renoncement à travailler et à agir collectivement dans une organisation ou les ambitions personnelles prennent le pas sur la nécessité d'agir pour servir une population extrêmement précarisée. Elle aura aussi des conséquences sur les prochaines élections cantonales, qui pourraient bien voir la majorité relative du PS remise en cause, car nous savons tous que deux ou trois cantons sont fragiles. De plus nous sommes de ceux qui n'ont pas oublié la situation du canton de Clichy-sous-bois opportunément passé à droite grâce au « vote révolutionnaire » des militants du PCF.

Chers camarades socialistes vous semblez avoir oublié quelques fondamentaux politiques. Le PCF ne comprend qu'une chose le rapport de force. Lors des municipales vous avez été faibles, vous avez baissé la garde, le PCF vous présente l'addition et elle risque de s'alourdir.

Espérons que vous saurez tirer les leçons de cette situation. Pour notre part ici nous continuerons d'agir pour mettre en œuvre au Blanc-Mesnil une alternative de gauche pour donner aux 52 000 blanc-mesnilois un avenir progressiste.

PS: Marie-George Buffet en remerciement organise le 6 mai 2009 un meeting commun PCF/UMP au Blanc-Mesnil avec Michel Barnier et Patrick Le Hyaric. Il est vrai que cette initiative est bien utile, à l'UMP ses militants locaux ne supportant plus d'être une variable d'ajustement; Ils ne sont pas trés motivés, alors les militants du PCF collent des affiches avec le beau visage du ministre de Sarkozy. Elle n'est pas belle la vie.

http://alainramos.canalblog.com/archives/2009/05/05/13622632.html

06.04.2008

Perpignan, les dérives d'un système clientéliste et communautariste

Perpignan, les dérives d'un système, par Franck Johannès
LE MONDE | 05.04.08 | 13h20  •  Mis à jour le 05.04.08 | 13h23

L'affaire de la chaussette à Perpignan (Pyrénées-Orientales) n'est pas seulement un épisode tragi-comique qui a marqué la réélection du maire UMP, Jean-Paul Alduy. Elle jette une lumière crue sur une société locale bloquée dans l'un des départements les plus pauvres de France, moins de trois ans après des émeutes en centre-ville, sur fond de soupçon récurrent de clientélisme. Le 16 mars, lors du second tour des élections municipales, le président d'un bureau de vote, politiquement proche du maire, est interpellé avec des bulletins dans ses poches et ses chaussettes. Une information est ouverte, et un recours en annulation déposé devant le tribunal administratif de Montpellier.


La justice, administrative ou pénale, dira s'il s'agit de l'acte isolé d'un homme qui se présente comme "le roi des imbéciles", ou la bavure d'un système rodé par un demi-siècle de dynastie Alduy. "Le flagrant délit a permis de mettre le nez dans un système qui existe depuis longtemps", assure Clotilde Ripoull, la chef de file du MoDem.

Le "système" a été mis en place dès 1959 par Paul Alduy, le père de Jean-Paul Alduy, passé par petites étapes de la SFIO à l'UDF. Il a appuyé son pouvoir sur deux groupes, cantonnés dans des quartiers clairement identifiés : les Gitans, dans le quartier Saint-Jacques, sédentarisés depuis le XVe siècle et parmi les plus anciens habitants de la ville, et les rapatriés d'Algérie, dans le quartier du Moulin à Vent, bâti pour les accueillir. Saint-Jacques, épicentre des émeutes de 2005, est aussi "le pivot historique de la carte électorale de la droite municipale", analyse l'universitaire David Giband, dans la revue Hérodote (La Découverte, 1er trimestre 2006). Le vote gitan peut faire basculer le canton et par ricochet le conseil général, et les chefs de famille (les "tios") ont longtemps servi de relais au maire en échange de faveurs.

"A ces dérives clientélistes se surimpose l'institutionnalisation d'une politique de ghetto, note sévèrement David Giband, c'est-à-dire un ensemble de choix politiques d'entretien de la misère et de la précarité." Le taux de chômage chez les Gitans atteint 92 % en 1993, 60 % des moins de 50 ans sont illettrés dans un quartier où près de 2 000 logements étaient insalubres en 2004. Or, en 1993, Paul Alduy provoque une révolution de palais et écarte son premier adjoint et successeur désigné. Il confie la mairie à son fils Jean-Paul, polytechnicien et spécialiste de l'urbanisme. "Jean-Paul a voulu mettre un terme au système de son père, indique Jean Codognès, tête de liste divers gauche, mais il a rapidement constaté que le système était efficace, et il a cédé."

Pour David Giband, Jean-Paul Alduy entendait mettre en place un système rénové, "fondé sur un découpage des populations à dominante religieuse". Il utilise l'appartenance religieuse (musulmane pour les Maghrébins, juive et catholique pour les pieds-noirs, évangéliste pour les gitans) comme ciment de la paix sociale et pour créer de nouveaux relais. Les représentants religieux intègrent l'exécutif local et le maire théorise sa vision dans une "ville archipel de religions". Rapprocher les communautés n'est possible que par leur "dénominateur commun : un lieu d'échange entre toutes les religions". Il s'agit de promouvoir une "société d'archipel", car "les quartiers sont des îles", bien encadrées par des commissaires de quartier, héritage d'un vieux mode d'organisation médiéval.

Cette communautarisation "porte en soi de sérieux risques de dérive de type clanique ou de pouvoir tribal, insiste l'universitaire, plus difficilement contrôlable que le système clientéliste précédent". Le 22 mai 2005, Mohammed Bey Bachir est battu à mort par une vingtaine de jeunes Gitans à Saint-Jacques. Le lendemain des obsèques, un jeune homme d'origine maghrébine est abattu sans raison apparente - une affaire privée, mais on l'a su plus tard. Les deux meurtres embrasent le centre-ville, saccagé pendant plusieurs jours. Pour la droite, il s'agit d'affrontements malheureux mais classiques, qui légitiment sa vision communautariste. Pour la gauche, c'est la rançon d'une politique clientéliste. Dans les deux cas, il s'agit de prendre le contrôle du quartier Saint-Jacques : la gauche départementale, tout en dénonçant le clientélisme, promet à son tour des aides sociales, sape en partie l'autorité des "alduystes" et facilite le passage du conseil général à gauche en 1998.

CLIENTÉLISME

L'affaire de la chaussette arrive ainsi à point nommé. Début mars, le sénateur n'était pourtant pas inquiet. Un sondage le donnait largement gagnant et les déchirements de la gauche lui inspiraient une parfaite confiance. Aux municipales, Jacqueline Amiel-Donat (PS) conduit une liste d'union, avec une partie de l'extrême gauche et le Parti communiste. Professeur, agrégée de droit et avocate du conseil général, elle est proche du président socialiste du département, Christian Bourquin, élevé à l'école de Georges Frêche et homme fort de la gauche. Elle obtient au premier tour 20,16 % des voix.

En face, un autre avocat, Jean Codognès, député socialiste de 1997 à 2002 et ambitieux conseiller général, soupçonne ouvertement M. Bourquin de clientélisme et n'a pas ménagé Mme Amiel-Donat. Sa liste divers gauche a obtenu 15,12 %. Politiquement proche de lui, la jeune liste MoDem, de Clotilde Ripoull, obtient 8,53 %, le FN est contenu à 12,29 %. Maintenir deux listes à gauche, c'est faire gagner M. Alduy. Sous la pression de l'opinion et la poigne de fer de M. Bourquin, l'opposition bâtit une liste unique, à un quart d'heure du dépôt des candidatures. Panique à la mairie qui, sur le papier, a déjà perdu avec la triangulaire imposée par le FN. Le maire l'emporte finalement (45,48 %), mais l'affaire de la chaussette scelle l'improbable alliance de l'opposition.

Le maire espère que la passion sera retombée avant une éventuelle invalidation. Il a déjà fort à faire entre la jeune et la vieille garde de son équipe, qui songent à sa succession. Et il ne manque pas de rappeler que les chevaliers blancs, à gauche, se font une virginité à moindre frais. M. Bourquin a été condamné, le 12 décembre 2007, à trois mois de prison avec sursis pour minoration des comptes de campagne et complicité de faux. Il a fait appel. Mme Amiel-Donat a siégé de 1989 à 1993 au côté de Paul Alduy. Elle a certes dénoncé en son temps la privatisation suspecte des cantines et les appels d'offres truqués, mais n'a pas été jusqu'à démissionner. Par amitié pour le vieux maire, qui avait fait d'elle une sorte d'héritière intellectuelle. Ce qui pèse encore dans l'affrontement avec le fils de son vieux mentor.

 



Franck Johannès
Article paru dans l'édition du 06.04.08

20.03.2008

OBSERVATOIRE DES ENGAGEMENTS

C est une pratique des municipalites de gauche de creer un observatoire des engagements municipaux au moment de la campagne

Les socialistes en ont prevu un

 

Sera-t-il independant ? Un contre-pouvoir reel ?

 

Je vous propose ensemble d en faire un virtuel ?

Sans question d albertivillarien, je ne pourrais en faire un seul

 

Alors a vous  

19.03.2008

Allier. Un président communiste


À l’issue du second tour des élections cantonales, la gauche est majoritaire au conseil général de l’Allier, avec 18 sièges contre 17 à la droite. La présidence du département, jusqu’ici tenue par le divers droite Gérard Deriot, devrait donc lui revenir. Et plus précisément, elle devrait aller à un élu communiste. En effet, selon les résultats définitifs, les conseillers généraux communistes, au nombre de neuf, formeront le plus nombreux des groupes de gauche, devant les socialistes (7 sièges) et les radicaux de gauche (2 sièges). Le PCF comptait neuf élus dans la précédente assemblée. Quatre d’entre eux étaient renouvelables. Trois ont obtenu leur réélection. Le quatrième a perdu son siège, à Montluçon- Sud, au profit de la droite : Mireille Schurch, arrivée en tête au premier tour avec 29 %, n’a apparemment pas fait le plein des voix de gauche (le PS avait obtenu 24 %), alors que le candidat de droite a pu bénéficier de la dynamique créée par le succès de Daniel Dugléry (divers droite) à Montluçon. Une perte compensée par un succès dans le canton de Lurcy- Lévis, détenu jusqu’ici par un divers droite, et où le candidat communiste l’a emporté. Les socialistes, qui comptaient 6 sièges au précédent conseil, dont aucun n’était renouvelable, en auront 7 dans la nouvelle assemblée. Ils ont ravi au Donjon un siège aux radicaux de gauche. Ces derniers voient leur représentation ramenée de 3 élus à 2. L’Allier avait eu un président communiste, Jean-Claude Mairal, entre 1998 et 2001.

18.03.2008

Chamboulement en Seine-Saint-Denis

Chamboulement en Seine-Saint-Denis

Dans le département populaire fortement ancré à gauche, le PCF a conservé trois (Bagnolet, La Courneuve et Saint-Denis) des quatre mairies que lui disputaient des socialistes, mais perd la présidence du conseil général, ainsi que Montreuil.

Trois villes basculent à gauche : Noisy-le-Sec, Villepinte et Aulnay-sous-Bois.

A Saint-Denis, le maire sortant Didier Paillard est élu avec la majorité absolue (53,1%) dans une triangulaire, face au socialiste Georges Sali (30,6%) et le candidat de droite Xavier Ducos-Fonfrède (18,3%).

A La Courneuve, le maire sortant Gilles Poux (PCF) frôle, dans une triangulaire rendue délicate par le maintien du candidat PS, la majorité absolue, et l’emporte avec 49,23% des voix contre 38,71% pour la liste de Stéphane Troussel (PS). La droite, qui se maintenait, recueille de son côté 12,06%. Idem à Bagnolet où le communiste Marc Everbecq recueille 53,1% face au socialiste Tony Di Martino (30,80%).

A Aubervilliers en revanche, le candidat PS Jacques Salvator qui s’est maintenu face au communiste sortant Pascal Beaudet, pourtant arrivé juste devant lui au 1er tour, est élu au terme d’une quadrangulaire avec 41,4% des voix, contre 38,53 à Pascal Beaudet. L’UMP et le MoDem étaient également en lice et recueillent respectivement 7,79% et 12,19% des voix.

Jean-Luc Mélenchon, sénateur PS de l’Essonne, avait dénoncé la semaine dernière dans son blog les "dangereux irresponsables" qui ont déclenché cette "guerre injuste, stupide" en maintenant des listes PS au second tour des municipales en Seine-Saint-Denis. "Rien dans la gestion de gauche des sortants, à laquelle les socialistes ont été profondément associés, ne justifie cette attitude", a poursuivi ce représentant de la gauche du PS.

Julien Dray, porte-parole du PS, s’en est également pris aux socialistes qui ont maintenu leurs candidatures en Seine-Saint-Denis, estimant qu’ils "ont eu tort". Ce qui ne l’avait pas empêché de considérer que la direction du PS, à ses yeux, a "fait son travail" puisque "dans 95% des cas la gauche s’est rassemblée".

Dans un duel à gauche où l’enjeu était de mobiliser les abstentionnistes, la sénatrice verte Dominique Voynet l’emporte nettement au second tour à Montreuil (Seine-Saint-Denis), avec 55,7 % des voix, contre 44,3% pour le maire sortant, Jean-Pierre Brard. Dominique Voynet n’avait recueilli que 32,5% des voix au premier tour.

D’autres triangulaires voient le maintien des maires sortants. A Saint-Ouen, Jacqueline Rouillon (PCF) est réélue avec 50,84% des suffrages. Daniel Feurtet (PCF) parvient à conserver la mairie au Blanc-Mesnil avec 43,91% contre 43,55% au candidat UMP. A Pierrefitte, c’est la liste conduite par Michel Fourcade (PS) qui l’emporte avec 65,92%.

Enfin, trois nouvelles villes (Noisy-le-Sec, Villepinte et Aulnay-sous-Bois) basculent à gauche.

Aux élections cantonales, le bilan du PCF est assombri par la perte de la présidence du conseil général, communiste depuis sa création en 1967, et qui devrait passée au Parti socialiste avec désormais 17 élus contre 13 communistes.

Arithmetique post electorale

Pascal Beaudet a donc obtenu 4854 voix, Salvatore 5226, soit un différentiel de 372 votes au second tour.

Pascal Beaudet avait pourtant obtenu au premier tour la première place, avec 348 voix d'avance sur le second,

Pascal Beaudet a gagné 794 voix entre les deux tours, Salvatore lui a gagné 1514 voix, soit un différentiel de 720 votes.

Salvatore est pourtant le maire des 8 villes de Plaine Commune celui qui a, arithmétiquement parlant, le plus mauvais score au second tour.

Elus au premier tour

Epinay-sur-Seine : Hervé CHEVREAU (MoDem) – 60, 35 %

Stains : Michel BEAUMALE(PCF) – 53,39 %

 Elus au second tour :
Aubervilliers : Jacques SALVATOR (PS) - 41,48%
L’Ile-Saint-Denis : Michel BOURGAIN (Les Verts) – 50,83 %
La Courneuve : Gilles POUX (PCF) – 49,23 %
Pierrefitte-sur-Seine : Michel FOURCADE (union de la gauche) – 65,92 %
Saint-Denis : Didier PAILLARD (PCF) – 51,12 %
- Villetaneuse : Carine JUSTE (PCF) – 54,24 %

En outre, et surtout, à l'heure de la démocratie de participation, l'abstention electorale est énorme. 49,75% d'abstentions au second tour, contre 54,8% au premier tour, On peut, à juste titre, faire l'hypothèse que le reservoir de voix socialistes vient majoritairement des abstents mobilisés.

Le nouveau maire a été choisi par 20% des inscrits, qui représente approximativement 36% de la population totale d'Aubervilliers (72000), 5226 voix égal 7,26% de la population. Si Pascal Beaudet aurait choisi, il aurait « bénéficier » des mêmes chiffres. En attendant la rhetorique convenue, il sera le maire de tous

Contre-pouvoir local ou bouclier ?, par Jean-Louis Andréani


LE MONDE | 18.03.08 | 14h22  •  Mis à jour le 18.03.08 | 14h22

Le tableau est impressionnant. Après les élections municipales et cantonales des 9 et 16 mars, qui viennent compléter les élections régionales de 2004, le Parti socialiste est hégémonique dans les collectivités territoriales. Il gère la quasi-totalité des régions de métropole, près des deux tiers des départements, 14 des 20 plus grandes villes.


Au-delà de l'euphorie de la victoire, que faire de toutes ces conquêtes ? Jusqu'en 2010, date des prochaines élections régionales, où le PS devait perdre certaines des régions conquises dans la dynamique de la première "vague rose" d'il y a quatre ans, la France va-t-elle être marquée par un combat frontal des territoires tenus par l'opposition, contre les orientations de l'Etat central ?

En 2004, Ségolène Royal avait lancé l'idée que les régions de gauche constituent un contre-pouvoir, en affirmant que "nous pouvons, au niveau des régions, réparer les désordres nationaux". Dimanche 16 mars, la présidente de la région Poitou-Charentes a repris cette argumentation. Mais les élus français, qui se plaignent souvent d'avoir bien moins de pouvoirs que leurs homologues étrangers, n'ont ni la vocation ni les moyens de contrecarrer une politique nationale.

Dans toute une série de domaines, les collectivités territoriales n'ont en effet aucune possibilité de s'opposer aux décisions du gouvernement : elles ne peuvent pas changer la politique judiciaire ou celle des programmes scolaires, intervenir sur la répartition ou la pression fiscale des impôts nationaux, toucher au montant du smic ou aux caractéristiques du contrat de travail ; elles ne peuvent pas non plus modifier les critères d'attribution du RMI ou des allocations chômage, revenir sur l'instauration d'une franchise médicale pour les patients, ou interférer dans la fixation du montant des retraites et l'allongement de la durée de cotisation. Elles ne sont pas en mesure d'intervenir auprès des acteurs des circuits économiques et commerciaux afin de limiter la hausse des prix, n'ont d'autre levier que la persuasion face à une fermeture d'usine ou une vague de licenciements.

Les collectivités ne participent pas à la fixation des tarifs du TGV ou du gaz, ne peuvent pas décider un encadrement des loyers. Les présidents de région qui, comme Mme Royal, ont voulu bannir les OGM, n'en avaient pas le pouvoir légal. Il ne s'agissait que d'une affirmation symbolique. Les maires, au titre de leurs pouvoirs de police, peuvent, eux, tenter d'interdire les OGM sur le territoire de leur commune. Mais la plupart de ceux qui ont essayé se sont retrouvés devant des tribunaux, qui ont le plus souvent cassé leurs arrêtés.

Cela n'empêche pas les élus locaux d'avoir de larges pouvoirs, qui touchent directement au cadre ou aux conditions de la vie quotidienne de leurs administrés. Les collectivités interviennent au premier chef dans les politiques locales de transport, de logement et d'urbanisme, dans le fonctionnement des établissements scolaires de tous les niveaux. Elles ont un rôle clé dans les questions d'aide sociale. Les diverses collectivités distribuent des subventions appréciées aux acteurs culturels et aux entreprises, envers qui elles déploient tout un panel d'aides. Communes, intercommunalités, départements, régions, sont maîtres de leur politique fiscale. Ils peuvent, par exemple, ajouter leurs propres allégements à ceux déjà prévus par la loi, pour les plus modestes. C'est en ce sens que Claude Bartolone (PS), qui devrait devenir président du conseil général de Seine-Saint-Denis, a affirmé, lundi sur France Info, que les collectivités gérées par la gauche peuvent être "un bon bouclier" pour les couches populaires.

Paradoxalement, plus l'Etat se décharge d'un certain nombre de missions sur les collectivités pour alléger ses problèmes financiers, plus il renforce leur pouvoir. Même si les élus reprochent à l'Etat de ne pas accompagner ces nouvelles responsabilités de ressources suffisantes. Face à ce désengagement croissant, les collectivités, et pas seulement celles de gauche, sont souvent contraintes de jouer les sapeurs Camembert malgré elles : elles s'emploient à reboucher les trous ou à combler les carences, au fur et à mesure que l'Etat en creuse par ses retraits successifs. Les associations d'élus surmontent leurs clivages politiques pour présenter un front uni au gouvernement.

Dans ce contexte, la prépondérance de l'opposition peut être une arme à double tranchant. L'homogénéité politique renforce la force de frappe des élus. Mais si les crispations sont trop nombreuses, cette domination peut déboucher sur un blocage politique. En cas de divergences politiques entre l'Etat et des collectivités importantes, il est fréquent que le pouvoir en place soit accusé d'exercer des mesures de rétorsion, via des tours de vis budgétaires plus ou moins justifiés, sur des subventions destinées par exemple à des travaux d'infrastructure locale. Alors qu'une proximité politique peut permettre d'exercer une pression d'autant plus efficace qu'elle est "amicale"....

Au demeurant, les élus de gauche sont face à une contradiction. Alors qu'ils sont déjà accusés par la droite de faire peser une pression fiscale trop forte sur les contribuables locaux, la correction des effets de la politique du gouvernement Fillon supposerait le plus souvent des dépenses supplémentaires. Donc une hausse de la pression fiscale qui n'arrangerait pas le pouvoir d'achat, ou une augmentation de l'endettement des collectivités. D'autant qu'il revient au Parlement de voter le montant des dotations de l'Etat aux collectivités, dans le cadre de la loi de finances. Tant que la majorité restera ce qu'elle est, les socialistes, aussi puissants soient-ils dans les mairies, départements et régions, n'auront aucun moyen de peser sur le vote des députés et des sénateurs.

Enfin les élus locaux n'ont pas vocation, en tant que tels, à organiser des rassemblements régionaux de contestation, appelés à se fédérer en un mouvement national. Dans ce contexte, l'idée d'un bloc des territoires de gauche se dressant contre le gouvernement et l'obligeant à reculer sur ses projets serait une vue de l'esprit. Mais les victoires de la gauche peuvent aider celle-ci à créer un rapport de force. Elles peuvent aussi, c'est le pari des élus socialistes, montrer au quotidien l'efficacité de la gestion de la gauche. En espérant que celle-ci sera assez convaincante pour que les électeurs aient envie de transposer au plan national leur vote local. Très exactement ce qui ne s'est pas passé à la présidentielle de 2007. Il est vrai qu'il a manqué au PS quelques autres ingrédients que la seule preuve de son sérieux quand il dirige des collectivités territoriales.


Jean-Louis Andréani (Editorialiste)

Le vote sanction

Dimanche 16 mars. Gauche : 49%. Droite UMP : 47,5%.

Lors des élections municipales et cantonales, l’UMP a subi un échec cuisant en perdant de nombreuses villes et cédant la majorité dans au moins neuf départements.

Après "l’avertissement" du premier tour, la droite espérait limiter la casse, lors du second tour des élections municipales et cantonales.

En obtenant plus de 49% des suffrages contre 47% à la droite et plus nettement encore aux cantonales (51,1% contre 44,4%), la gauche semble avoir confirmé la poussée en sa faveur du premier tour. Nombre de villes passent à gauche : Amiens, Toulouse, Caen, Strasbourg…

La gauche l’emporte à Périgueux, où le ministre de l’Education natioanle Xavier Darcos est battu, mais aussi à Reims, Amiens, Caen, Metz, Angers et Saint-Etienne.

En votant majoritairement pour la gauche, les électeurs ont ainsi sanctionné la droite au pouvoir. Néanmoins, cette « vague rose » peut-être tempérée par la perte de certaines villes, telles Calais où l’UMP a remporté une victoire avec le soutien tacite du FN. La droite réussit également, faute de stratégie d’union claire de la gauche à conserver Le Havre, malgré un fort rejet de la gestion d’Antoine Rufenacht dans les quartiers populaires.

Cette victoire de la gauche aurait, semble-t-il, pu être de plus grande ampleur avec une meilleure participation. Cette dernière est plus faible qu’en 2001.

Après un premier tour prometteur, où il avait repris à la droite Dieppe et d’autres cités comme Vierzon, le PCF a connu un second tour plus mitigé avec la perte du département de Seine-Saint-Denis et des communes d’Aubervilliers, Calais et Montreuil.

Dans le même temps, les communistes ont vu plusieurs villes moyennes tomber dans leur escarcelle : Villepinte, Villeneuve-Saint-Georges, Portes-les-Valence, Firminy, Aubière, Villerupt, Queven et Roissy-en-Brie. Selon Michel Laurent, responsable élections au PCF, le nombre de mairies communistes dans des villes de plus de 9.000 habitants devrait passer à 89 contre 86 dans la mandature précédente.

Quant au MoDem il a peut être déjà raté son coup. Perdant en lisibilité en raison de son positionnement à géométrie variable, la formation centriste n’est pas parvenue à jouer le rôle d’arbitre qu’elle entendait tenir. François Bayrou est même battu à Pau.

Resté silencieux avant le premier tour, Nicolas Sarkozy avait jugé de son "devoir" d’appeler les abstentionnistes à reprendre le chemin des urnes, lors de son unique intervention d’entre-deux-tours, mardi à Toulon.

Le président de la République, tour à tour chef de l’Etat et chef de la droite UMP, avait multiplié les contresens dans son allocution. Après avoir défendu le contraire en début d’année, il précisait, à propos des élections municipales et cantonales, qu’il n’est question que de « démocratie locale ». Dans le même temps, il annonçait qu’il tiendra « naturellement compte » du résultat, félicitait ses ministres pour leur élection qu’il qualifiait de…"reconnaissance de (leur) talent", et y voyait même "un encouragement" pour le gouvernement…

La chute de plusieurs ministres comme Xavier Darcos à Périgueux vient encore fragiliser le pouvoir de Nicolas Sarkozy.

La question du pouvoir d’achat et des salaires, le mécontentement des français de la politique économique du gouvernement, la chute de Nicolas de Sarkozy dans les sondages : le premier tour avait révélé une portée nationale du scrutin. Les Français ont majoritairement voté pour sanctionner la politique du chef de l’État et son Premier ministre. Ils confirment cette sanction ce dimanche.

Après l’annonce des premiers résultats, les responsables politiques de la gauche, ont considéré que le président de la République et le gouvernement devraient réorienter leur politique. Du côté de l’UMP, toutes les personnalités ont interprété, à l’inverse, qu’ il faudrait accélérer le rythme des réformes…

Concernant les cantonales, la gauche sort renforcée du second tour avec le gain de neuf départements supplémentaires.

L’Allier, le Lot-et-Garone, la Corrèze, la Charente-Maritime, les Deux-Sévres, l’Indre-et-Loir, le Val d’Oise, la Somme et la Cote d’Or sont au nombre des assemblées se retrouvant dans l’escarcelle de la gauche qui en détenait 51 sur 101 depuis 2004.

 

L'Humanite 

Légère progression de la participation aux élections municipales

Légère progression de la participation aux élections municipales
LEMONDE.FR avec AFP | 16.03.08 | 16h17

Les bureaux de vote de métropole ont ouvert dimanche à 8 heures pour le second tour des élections municipales et cantonales. Une semaine après le premier tour, la gauche ambitionne d'amplifier son avance alors que la droite espère limiter les dégâts.

Le premier grand enjeu de ce second tour était la participation : l'abstention a atteint dimanche dernier un taux record de 33,54 % aux municipales, du jamais vu depuis depuis 1959. La droite, comme la gauche n'ont cessé cette semaine de battre le rappel des électeurs, pour essayer d'engranger ces voix perdues.


A midi, le taux de participation aux élections municipales s'élevait à 23,68 %, en progression par rapport au deuxième tour des municipales de 2001 (20,21% à la même heure) et par rapport au premier tour (23 %).

A Paris – où le maire sortant Bertrand Delanoë semble assuré de l'emporter - le taux de participation à 11 heures 30 était de seulement 13,64 % soit presque 4 points de moins qu'au second tour des municipales de 2001. La situation était quasiment comparable dans le reste de la région parisienne où on ne constatait pas une franche poussée de la participation. On avait légèrement plus voté en Seine-Saint-Denis (13,2% contre 11,14%), dans le Val-de-Marne (13,5% contre 11,5%), dans les Yvelines (17,6% contre 16,6%) ou en Seine-et-Marne (15,4% contre 14,7%).

A Marseille, une des villes phares de ce second tour où l'incertitude reste totale, 19,53% des électeurs avaient glissé un bulletin dans l'urne à midi contre 16,74% dimanche dernier.

Aux élections cantonales, la participation était légèrement inférieure à 22,09 %, contre 17,62 % au scrutin de 2001 et 22,25 % la semaine passée.

 
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